Chapitre 3: La fin injuste? ...

boutique

Le local de mes rêves...

La mise en place de l'idée pour la 2ème boutique physique MaMoulia à Paris commençait bien. J’avais trouvé un local parfait en décembre 2017 du premier coup dans le beau quartier de petits commerces du Paris 5ème, près de la fameuse rue Mouffetard, en guise d’un « cadeau pour les 5 ans d’activité ».

Février 2018, tout est prêt pour ouvrir : marchandise en double, travaux, les meubles, l’organisation pour la gestion de 2 boutiques physiques, et même en bonus – une énorme hâte de la part de futurs clients curieux venant de dehors pendant les travaux (une rue bien passante), car la rhumer sur les produits qui allaient être vendus dans ce local, s’était répondu tellement vite dans ce quartier chaleureux ! Je n’avais rien annoncé à mes clients, gardant la belle surprise jusqu’au bout…

Ma 2ème boutique MaMoulia n’avait jamais pu ouvrir ses portes pour la plus grande frustration de tout le monde, un véritable choc.

Malheureusement ce local avait des vices cachés trop importants, cachés par l’agence immobilière, et impossibles d’être vus au moment des plusieurs visites même avec les spécialistes du bâtiment : ce beau local était en effet interdit à la location par un décret de la Mairie à cause de son insalubrité par infiltrations, un document retrouvé par mon avocate 5 mois après le constat.

Merci aux 3 semaines de grosses pluies, qui nous ont permis de découvrir cela avant qu’on eût pu s’y installer après les travaux, détruits quant à eux en 3 semaines sous nos yeux stupéfaits…

 

pluie

Tout part à travers...

Tout mon investissement s’y était retrouvé alors bloqué, une fois de plus les fonds propres de l’entreprise, toujours sans avoir obtenu le financement extérieur.

Toute la marchandise en double devait alors être bradée à perte de toute urgence (approchant déjà la période « hors saison », et aussi ayant le plus grand besoin de la trésorerie pour honorer les factures et autres charges). Le bailleur malhonnête avait lancé la contre-accusation absurde « pour l’arrêt des loyers » (après 5 mois déjà payés en avance, sans jamais avoir pu s’y installer, et profiter du local). Cette contre-procédure avait mis volontairement cette affaire dans l’impossibilité d’être résolue rapidement et facilement (et récupérer l’argent pour poursuivre l’activité). Cela fait 3 ans à ce jour, et toujours en attente d’une moindre première audience.

Pendant ce temps-là une longue descente aux enfers avait commencé pour tenter de sauver mon activité, tout ce temps investi, 6 ans sans avoir vu beaucoup mes enfants, et tout ce travail utile aux milliers des familles. Une année de bataille contre le monde entier s’en était suivie (des administrations m’étant lourdement tombées dessus, ne voulant rien entendre pour me donner le temps de remonter la pente).  La démission de mon cabinet d’experts-comptables cette même année au moment de la pire crise, me laissant, en plus du reste à sauver, - avec 2 ans d'exercice non-finalisés. La procédure auprès l’Ordre des Experts-comptables contre cet acte abusif (que j’ai gagné haut la main), la course contre la montre car ma haute saison 2018 venait de commencer aussi, c’était le moment « maintenant ou jamais » pour sauver l’activité.

 

soutien

Transparence avec mes clients

 J’étais toujours authentique et transparente avec mes clients, y compris dans le but de les sensibiliser sur le travail acharné des petits commerces, avec des gens passionnés et dévoués derrière, à leur activité, au bien-être de leurs clients. Et sur les difficultés de l’entrepreneuriat, et d’autant plus dans les domaines du bio où les marges sont justes et parfois même insuffisantes  (contrairement à la consommation classique rapide), pour pouvoir permettre la rémunération juste à chaque acteur de ces – courts – circuits éthiques, tout en rendant les produits accessibles au grand public.

Je leur avais fait part de toute cette mésaventure via un post Facebook qui avait suscité beaucoup de réactions (c’est d’ailleurs seulement en lisant ce post, que l’un des associés de mon grand cabinet d’experts-comptables parisien, avait découvert et compris la gravité de ma détresse car ses collègues ne m’ont jamais répondu à mes cris à l’aide, et s’était gracieusement proposé en aide pour toute démarche urgente de sauvegarde nécessaire…avant de démissionner donc quelques semaines après, cela devenait trop compliqué à gérer).

Alors ma saison 2018 était sauvée, ma sœur était venue d’urgence d’Ukraine pour m’aider avec toutes les ventes impressionnantes car les clients de la boutique étaient plus que jamais présents pour que cette activité puisse s’en sortir malgré tout, car ils étaient directement intéressés et concernés aussi. Pas le comptable, pas les banques, pas les administrations – mais des milliers de clients qui étaient là pour moi. Pour que je puisse être là pour eux en suite. Un énorme sentiment de gratitude envers eux.

 

fin

Une goutte de trop...

Et c’est alors là que la chef des impôts m’avait appelé en décembre 2018 avec un ultimatum : déclarer 2 ans de comptabilité en 10 jours (et trouver un fou qui serait prêt à le faire en pleine clôture de décembre…et à faire ce volume de travail déjà tout simplement, et aussi vite), sinon c’est la saisie des meubles et la liquidation forcée.

En ajoutant à la fin une phrase qui tue « Tout est votre faute, madame… ». C’était une goutte de trop…

On peut être le plus têtu/acharné/travailleur/fou/motivé/obsédé par notre conviction, au bout d’un moment on doit admettre qu’on est juste un être humain, et trop - c’est trop. Mon corps m’avait arrêté avec un burn-out car je ne pouvais plus m’arrêter seule, me battant pour sauver ma création. Et même en continuant de travailler au bout de ma vie par manque de choix, je n’arrivais plus remonter la pente.

J’avais alors pris une lourde décision de mettre fin à mon activité malgré moi, quelques jours après cet appel téléphonique.

Un choc pour mes clients, un sentiment d’injustice partagé, une énorme frustration et incompréhension comment cette activité en plein succès dès l’ouverture, une activité devenue une référence dans le domaine des vêtements bio en laine, fermait ses portes. Il s’en était suivi plein de visites dans la boutique, avec des fleurs, des cadeaux, du soutien humain…

 

justice

Une super aventure enrichissante et tellement utile aux autres, demandant en contrepartie un travail titanesque inhumain, des apprentissages sur le tas et le suivi d'une forte intuition, un investissement personnel hors norme sans compter et une volonté de continuer et de persister malgré les difficultés et des "joies de l'entrepreneuriat".

Parce que le retour humain de mes clients sur tout cet investissement, sur l’utilité et les bienfaits des produits naturels et l’intérêt découvert du bio, tous les avis positifs et les recommandations, tout leur soutien et fidélité dès le début, cela valait le coup de continuer, cela donnait de l'énergie, l'adrénaline, l’enthousiasme et le deuxième souffle à chaque moment difficile.

Et j'en avais besoin car dans mon entreprise j'étais toute seule sur tous les fronts pendant 6 ans, donnant l’impression d’être une armée dans les coulisses. A l’exception d’une belle année 2015 où j’ai enfin pu proposer 2 emplois à mi-temps et souffler un peu.

J'ai fini par trouver un nouveau cabinet de comptable qui avait clôturé les obligations administratives et comptables. L'ancien cabinet était obligé de clôturer leur travail payé.

Le jour de mon premier tribunal de commerce s'approchait, le 13 février 2020 (il y en avait 4 en 2020 en lien avec tout cela). La décision duquel j'appréhendais depuis une année. Quelles seraient les conséquences pour moi, comme chef d'entreprise, comme entrepreneure pour la suite, puis quelles conséquences pour ma vie privée, serait-il la cause de tout ce désastre - le bail illégal - pris en compte ou "tout est de ma faute" comme l'avait dit la chèf des impôts...


L'audience était lourde, sans avocat. La réaction du juge à cette affaire m'avait fait pleurer, je ne m'attendais pas à ce que j'allais entendre...

Chapitre 4: Tout est juste

 

 

 

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